Père Elysée« Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Esprit faux ! enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère. » Ces propos de Jésus dans la page de l’évangile de ce jour qui reflètent un fait de vie concret de notre vécu

 quotidien, méritent d’être médités en ce huitième dimanche du Temps Ordinaire, Année C, même si, bien d’autres thèmes peuvent être dégagés des textes liturgiques du jour.

En effet, selon ces propos du Christ, il est ici question de la mentalité négative à laquelle d’aucuns s’adonnent si bien que rien dans la vie en général et dans la vie des autres en particulier n’a jamais été positif. Pour cette mentalité que malheureusement nombreux sommes-nous qui l’avons épousé, rien n’est jamais perçu dans le sens du bien. En fait, tout est négatif et seul le côté péjoratif ou négatif des choses et des gens intéresse plus cette mentalité ainsi que ceux et celles qui ont décidé d’en être esclaves. Aujourd’hui, le Christ nous invite à prendre conscience de nous-même nos failles et faiblesses avant de critiquer celles des d’autres : « enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère. » Bien souvent, bon nombre sommes-nous qui nous plaignons que les choses ou les affaires ne marchent pas ; ou que Dieu semble nous avoir oublié. Il semble être sourd à nos prières, car nos projets n’aboutissent pas ou alors que notre société ou nos entreprises ne fonctionnent pas comme il se doit. Mon frère, ma sœur, Jésus dans la page de l’évangile de ce jour voudrait nous faire comprendre que nous sommes à la base de nos malheurs.

Car, si dans notre vie, nous ne voyons que du négatif, et que le monde, la société humaine, et les gens n’ont jamais fait ou réalisé quelque chose de bon à notre appréciation ou jugement ; Comment pensons-nous progresser alors que seul le négatif compte plus dans notre vie et jugement ? Ceci pour dire que la critique destructive non seulement détruit ceux que nous critiquons, mais aussi elle nous détruit nous-même qui la faisons. Par conséquent, nous sommes invités à comprendre que toute productivité provient du positif et que le négatif ne peut être que stérile. Et ce, même les grands et bons leaders ou dirigeants d’entreprise pourraient en témoigner. En effet, il est démontré en entreprise, qu’une entreprise peut croître en productivité si et seulement si ses ouvriers sont jugés positivement par les leaders. Autrement dit, le jugement positif ou jugement appréciatif porté sur chacun des ouvriers contribuent à l’encouragement et à la motivation de ceux-ci à mieux faire.

D’où, le résultat positif qui peut provenir d’une telle entreprise. Il en est de même pour des enfants d’une famille quelconque sur qui rien que du jugement appréciatif est porté. De tels enfants réussissent toujours leur vie. Cependant, ceux d’une autre famille sur qui il n’est porté que du jugement négatif, il devient difficile pour ceux-ci de réussir leur vie. Parce que trop de jugement négatif ou de critiques destructives conduit au manque de confiance en soi. Or le manque de confiance en soi conduit à la médiocrité, à l’irresponsabilité et par-dessus tout à l’incompétence. Ceci pour dire que le négatif est stérile parce qu’il conduit au découragement et au manque d’enthousiasme. De tout ce qui précède, nous pouvons retenir que les textes de ce jour nous invitent non seulement à éviter de porter toutes sortes de préjugés sur les autres conformément à la première lecture, mais aussi, ils nous invitent à rejeter tout jugement négatif porté sur les autres, ainsi que toutes les critiques destructives qui ne contribuent pas au développement de la personne humaine, à son épanouissement ainsi qu’à la construction d’une société harmonieuse faite de paix et de joie. Comme le Christ nous le dit aujourd’hui, que ‘tout bon arbre produit du bon fruit’, prions-le de nous accorder d’être en tant que Chrétiens, Chrétiennes, ces bons arbres qui produisent du bon fruit de par nos jugements appréciatifs sur les autres dans nos relations interpersonnelles. Car, « il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? » Jc 4 :12.

Père Elysée Koffi Banouakon