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Retrouver ici l'ensemble des homélies du P. Elysée Banouakon, SMA du lundi de la 8ème semaine du temps ordinaire au 3ème Dimanche de pâques de l'année C. Le P. Elysée est actuellement secrétaire du DFGG, il écrit régulièrement des reflexions qu'il partage avec les autres. Elles peuvent servir d’elements de depart pour des personnes qui veulent aller loin...

TROISIEME DIMANCHE DE PAQUES

Si depuis sa genèse jusqu’à nos jours, l’Eglise Catholique n’a jamais cessé d’être persécutée de part et d’autre et aussi d’une manière ou d’une autre ; et que malgré tout cela la Sainte Eglise continue de résister et de rester ferme et stable, les textes liturgiques de ce troisième dimanche du Temps de Pâques de l’année C semblent sans doute en être la cause et aussi la justification de cette fermeté et stabilité de la Sainte Eglise vis-à-vis de ses traqueurs. Car, avec les textes liturgiques de ce jour, nous pouvons contempler la présence active du Ressuscité dans son Eglise ; laquelle présence donne à celle-ci une fermeté et stabilité sans pareille. Cette présence active du Ressuscité dans son Eglise se manifeste de plusieurs manières dans les textes liturgiques de ce troisième dimanche du Temps de Pâques de l’année C.

En effet, dans la page de l’évangile de ce jour par exemple, la pêche miraculeuse symbolisant l’envoi en mission des sept et par ricochet de tous les Apôtres à être désormais des pécheurs d’hommes; la résistance du filet malgré la quantité de poissons prise par ceux-ci, qui ici traduit l’action de la présence protectrice du Christ dans son Eglise ; ainsi que le numérique de 153 qui en son temps représentait toutes les espèces possible de poisson existant dans le monde selon les Sémites et donc par-là traduit la diversité et multitude qui constitue l’Eglise Universelle, montrent combien cette mission à être désormais des pêcheurs d’hommes que confie le Christ ressuscité à ses Apôtres, symbolise ici non seulement l’Eglise elle-même, mais aussi la présence active du Ressuscité en son sein qui lui donne de faire preuve de la sérénité dont elle fait montre malgré les nombreuse persécutions qu’elle subit de part et d’autre jusqu’à présent.

Cette présence active du Ressuscité au sein de son Eglise se perçoit également par ces poissons déjà sur la braise que viennent trouver les sept sur le rivage après la grande prise, qui ici, traduit le fait que Jésus précède toujours son Eglise et ceux qu’il envoie pour y ramener plus de disciples. En ce sens, la conviction avec laquelle les Apôtres comparu devant le grand conseil déclaraient : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » ; dans la deuxième lecture de ce jour, montre combien non seulement le Christ se fait présent en eux par l’action de son Esprit Saint, mais surtout combien sa présence active en eux et par ricochet en l’œuvre qu’il leur a confiée ne se dérobe jamais. Car, malgré les persécutions subit, ceux-ci allèrent leur chemin dans la joie comme le souligne saint Luc dans ce chapitre du Livre des Actes des Apôtres.

Par ailleurs, le pronom possessif « mes ou mes brebis » dont fait usage le Christ dans la mission de pasteur de la communauté qu’il confie à Pierre dans la page de l’Evangile de ce jour montre combien la présence du Ressuscité dans cette mission, dans cette institution qu’est l’Eglise ne saurait jamais manquée.

Frères et sœurs, en ces temps les deniers où la Sainte Eglise souffre de menaces et de persécutions plus que jamais ; en ces temps les deniers où des Chrétiens sont bombardés tant spirituellement que physiquement et moralement par les ennemis de la croix et les disciples du diable, prions le Seigneur d’augmenter notre foi en lui et notre amour pour sa Sainte Eglise Catholique, afin que nous puissions toujours la défendre et tenir bon dans cette œuvre, cette institution qu’a voulu le Christ lui-même malgré les diverses et innombrables persécutions. Amen.


DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION

La Croix du Christ, signe éclatant, révélation suprême de Dieu

En célébrant aujourd’hui le dimanche des rameaux et de la passion, il nous semble important de focaliser notre attention et méditation sur la croix du Christ qui apparaît comme un signe éclatant de la révélation suprême de Dieu. Signe éclatant de la révélation suprême de Dieu, en ce sens que c’est à travers la Croix du Christ que nous parvenons à comprendre ce que Dieu est réellement pour l’Homme ; c’est à dire Amour. La véracité de notre affirmation semble être confirmer par le Pape Emérite Benoit XVI qui soutient que la « Croix est le premier mot de l’alphabet de Dieu », c’est-à-dire que c’est par la Croix que se mesure l’amour de Dieu pour les hommes.

Tout ce qui précède est illustré et justifié par les textes liturgiques de ce jour. En effet, si dans la première lecture le prophète Isaïe en présentant le portrait du serviteur soufrant, parle pour lui-même d’abord et ensuite pour son peuple persécuté, humilié, dans son exil à Babylone ; quand on relit la Passion du Christ, il apparait clairement que le Christ répond exactement à ce portrait du serviteur de Dieu qui fait preuve d’une confiance inaltérable et donc d’une certitude de la victoire, au sein même de la persécution. C’est bien entendu de cette même sérénité devant sa mort prochaine visualisée par lui-même, dont le Christ fait montre dans la page de l’évangile de ce jour. Et des propos comme : « J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement réalisée dans le Royaume de Dieu… », ces propos bien entendu, montrent clairement combien le Christ vit consciemment et librement sa propre mort. Car, ce que nous pouvons remarquer ici, c’est l’extrême paix de l’âme en cette veille, connue de sa mort.

Il va sans dire que non seulement le Christ entre dans le processus de la mort d’une manière ardent : « J’ai ardemment désiré… », mais aussi il l’envisage dans une sorte de joie paradoxale : « Il rendit grâce… ». Comme pour dire qu’il savait que sa mort n’allait pas être une chose vide, négative, dénuée de sens. Ainsi, il en a fait le « passage vers le Père », c’est-à-dire un « Vado ad Patrem ». La mort du Christ sur la Croix devient en ce sens un don gratuit de sa vie au Père pour la cause du genre humain. Et ce, au nom de l’amour inconditionnel de Dieu. C’est d’ailleurs en ce sens que la Croix, devient le signe éclatant de la révélation suprême de Dieu ; puisqu’en elle, nous contemplons non seulement l’amour o combien grand de Dieu pour l’humanité tout entière, mais aussi à travers la Croix du Christ c’est la mise en évidence, la révélation d’un Dieu dont l’amour pour l’humanité tout entière s’exprime dans une mesure sans mesure. Car, bien d’éléments très importants de la page de l’évangile de ce jour justifient la révélation suprême de Dieu dont la Croix du Christ fait preuve.

En effet, non seulement dans le procès civil que subi le Christ, Saint Luc souligne par trois fois l’innocence de l’accusé en déclarant qu’: « Aucun motif de condamnation » n’a été trouvé à son sujet Lc23 :4.14 ;22 ; mais c’est dans le même temps, cet innocent accusé qui fait preuve de miséricorde à tous ses bourreaux y compris un criminel repenti : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font… », « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis. » Qu’est-ce qui peut bien expliquer tout ce qui précède, si ce n’est l’amour infini et inconditionnel de Dieu pour l’Homme ? Et c’est en ce sens qu’à travers la Croix du Christ, nous ne pouvons contempler que la révélation suprême de Dieu qui s’avère n’être rien d’autre que Miséricorde et Amour.

A travers la Croix du Christ donc, non seulement nous voyons clairement que le salut éternel est offert à tous, mais aussi et surtout nous contemplons le triomphe de l’amour ! Le triomphe de Dieu ! Le triomphe du bien sur le mal.

Frères et sœurs, prions le Seigneur de nous accorder de voir en la Croix du Christ non seulement le signe de notre salut par l’Amour grand et inconditionnel de Dieu pour nous, mais aussi de lire ou accueillir toutes les difficultés qui peuvent venir sur nos chemins à l’instar du Christ vis-à-vis de sa passion qu’il vécût résolument comme ‘un agneau qu’on conduit à l’abattoir’ tout en se remettant avec pleine confiance à entre les mains de son Père. Amen.


CINQUIEME DIMANCHE DU TEMPS DE CAREME

Le Christ aux controverses d’une société sans pardon

Bien que les textes liturgiques de ce cinquième dimanche du temps de Carême de l’Année C soient tous importants et que de nombreux thèmes peuvent y surgir, il nous semble, pas moins important de focaliser notre attention en ce jour sur la personne du Christ qui à travers la page de l’évangile de ce jour, se montre être aux controverses d’une société sans pardon. Et ceci est mis en scène par cette caricature que l’on peut se faire de cette foule furieuse qui propulse une femme écrasée non seulement par le poids de son péché, mais aussi du jugement sans merci d’une foule enragée qui est sur le point de la classer parmi les morts, et donc la conduit au tribunal, c’est-à-dire devant le Christ pour entendre son verdict sur le cas d’espèce.

La procédure judiciaire de cette foule accusatrice semble vouloir associer le Christ à son crime de jugement sans merci, lorsqu’elle présente le leitmotiv de son accusation en ces termes : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » Jn8 :4-5 Ce piège, le Christ le déjoue en ramenant cette foule enragée à une prise de conscience de ce qu’écrira leur propre concitoyen Juif, saint Jacques en ces termes : « Il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, pour qui te prends-tu pour juger le prochain ? »Jc 4 :12

En d’autres termes, la réaction du Christ sur le délit apporté par ces accusateurs enragés qui se traduit d’abord par son silence puis par la suite sa délibération en ces termes : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre » ; oui ces deux réponses de Jésus, semblent rappeler à cette foule accusatrice, ces versets de Saint Mathieu qui disent ceci : « Comment vas-tu dire à ton frère : ‘‘Laisse-moi ôter la paille de ton œil’’, et voilà que la poutre est dans ton œil ! Hypocrite, enlève d’abord la poutre qui est dans ton œil et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton prochain. » Mt 7 :5

Ainsi, par une telle délibération ou verdict inattendue du Christ, celui-ci semble faire chanter désormais cette femme meurtrie par le poids de son péché et le jugement sans merci de la foule enragée qui la conduisait au surplis, le psaume responsorial de ce jour : « Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! (…) Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! » Ps125 :1.3 Cependant, retenons ici que le Christ ne veut pas pour ainsi dire cautionner le péché du sixième commandement. Car, ce péché, le Christ l’a nettement et fermement condamné en disant même que le consentement intérieur au désir mauvais était déjà un péché : « Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle » Mt5 :28 Toutefois, son verdict ou délibération sur le délit qui lui avait été apporté se veut un enseignement nouveau qui peut être compris en ces termes : ‘‘aux yeux de Dieu, tous les hommes sont pécheurs, et ont tous besoin d’être pardonnés !’’ « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ! »

Saint Paul qui dans la deuxième lecture de ce jour voit en Jésus la source de sa justification parce qu’ayant mis sa foi en lui, ne semble pas s’éloigner du résumé que nous pouvons faire de tous les textes de ce jour, selon lequel ‘le Christ est en permanence la source de tout renouveau, lui qui pardonne le péché de quiconque a été adultère par infidélité à son Dieu.’

Dans notre société actuelle où le jugement sans merci occupe une place importante au détriment et au mépris du pardon, de l’indulgence ; frères et sœurs, prions le Seigneur de renouveler la face de notre terre aussi bien que nos cœurs, afin que le pardon et la tolérance puissent régner en maître dans nos relations interpersonnelles au détriment du jugement sans merci que nous portons souvent sur les autres. C’est en faisant ainsi que nous pourrons bâtir ensemble une société harmonieuse, un monde nouveau où il fait bon vivre, fort de la présence de la paix et de la cohésion sociale.

Que le Seigneur nous accorde de ne jamais oublier dans nos regards sur les autres à travers nos relations interpersonnelles, qu’à la cinquième pétition (demande) de la prière du ‘Notre Père’, nous disons toujours : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offenser. » Amen.


QUATRIEME DIMANCHE DE CAREME

A la découverte du vrai visage de Dieu.

Les textes liturgiques de ce quatrième dimanche du Temps de Carême de l’Année C nous conduisent à la découverte du vrai visage de Dieu ; puisque de part et d’autre, ils nous présentent ce que Dieu est en réalité. Dans cette présentation de Dieu donc, la première lecture, le psaume responsorial ainsi que la page de l’évangile de ce jour, nous font découvrir un Dieu qui d’abord se révèle comme Père et pas un Père quelconque, mais un Père Céleste dont la miséricorde a une mesure sans mesure.

En connexion avec ce qui précède, la page de l’évangile de ce jour tout en mentionnant l’image que se faisaient de Dieu, les Pharisiens et Scribes, pour qui l’accent était plus mis sur sa Sainteté et par conséquent il ne pouvait y avoir de compatibilité entre lui et les pécheurs, la page de l’évangile bien entendu met ce Dieu à la porte de tous, lorsqu’elle présente le Fils de Dieu en ces termes au jugement des Pharisiens et les Scribes : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! » Avec de pareils (lles) jugements et pensées, ces grands pieux et loyaux se montrent avoir connu non seulement une seule facette du visage de Dieu, mais aussi ces pharisiens et scribes se montrent avoir manqué de découvrir le vrai visage de Dieu ; c’est-à-dire Dieu tel qu’Il est et non tel qu’Il est perçu par la logique humaine. D’où le sens de la parabole de l’enfant prodigue.

Dans cette parabole donc Jésus nous fait découvrir le vrai visage du Père Céleste en montrant qu’avec Dieu, il n’est pas question de calcul, de mérites, d’arithmétique, lesquels constituent une logique que nous les hommes nous abandonnons très difficilement. Ici, comprenons que toute la Bible, dès l’Ancien Testament est l’histoire de cette lente, patiente pédagogie de Dieu pour se faire connaitre à nous tel qu’Il est et non pas tel que nous l’imaginons. Avec lui, il n’est question que d’amour gratuit. Israël en a fait l’expérience et c’est dans ce contexte que la Paque annuelle qu’il célèbre dans la première lecture devra se comprendre ; puisque pour Israël, cette célébration annuelle sera désormais le mémorial, non seulement de la nuit de l’Exode, mais aussi de l’arrivée en Terre Promise ; lesquels évènements n’en font qu’un seul ; en ce sens que c’est toujours la même œuvre de Dieu pour libérer son peuple au nom de sa bonté, compassion et miséricorde. Le psalmiste se montre avoir bien compris cette identité, ce vrai visage du Père Céleste lorsqu’il s’exclame en ces termes : « Goutez et voyez comme est bon le Seigneur. » En effet, le psalmiste semble s’être associé à Israël qui dans sa propre histoire est lui-même ce pauvre qui a fait l’expérience de la miséricorde de Dieu : quand il chante dans le psaume 33/34 « Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses ».

Dans cette même veine, Saint Paul dans la deuxième lecture semble avoir déjà goûté à cette bonté de Dieu si bien qu’il nous y invite. En effet, en nous invitant à nous laisser réconcilier avec Dieu, qui le premier avait entrepris la réconciliation de l’humanité tout entière avec lui-même par le Christ, Saint Paul semble nous conduire graduellement à comprendre que Dieu n’a jamais fait le moindre compte des péchés des hommes et le Christ est venu dans le monde pour nous le prouver.

En d’autres termes, le Christ est venu dans le monde pour nous montrer que Dieu est depuis toujours Amour et Pardon. Et c’est en cela que se dépeint le vrai visage de Dieu qui tout d’abord est Père et en tant que Père, sa miséricorde a une mesure sans mesure. Delà, l’on peut surement comprendre pourquoi lors de son audience devant Pilate, le Christ a pu déclarer ceci : « Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité.» En fait, ceci voudrait sans doute dire ‘que le Christ est venu dans le monde pour montrer que Dieu est depuis toujours Amour et Pardon.’ Par conséquent, lorsque Paul dit dans la deuxième lecture de ce jour que : « … c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés », c’est bien entendu dans nos têtes qu’il efface nos fausses idées sur un Dieu comptable.

Dans notre monde actuel où les règlements de compte, l’esprit de vengeance, des punitions arbitraires et injustes aussi bien que la haine et la violence s’avèrent régner en maitres tant au plan socio-politique que dans nos relations interpersonnelles ; le Père Céleste dont le vrai visage se laisse découvrir à travers les textes liturgiques de ce comme étant celui dont la miséricorde a une mesure sans mesure, nous invite à témoigner de cette miséricorde dans nos relations socio-politiques et interpersonnelles.

Frères et sœurs, prions le Seigneur de nous accorder de ne jamais manquer de le connaitre en tout ce qu’Il est vraiment. C’est-à-dire reconnaitre certes sa sainteté, mais ne jamais surtout manquer de le reconnaitre comme étant un Dieu qui reste hors des calculs, mérites et arithmétiques, mais plus Père et miséricordieux et dont la miséricorde s’évalue à une mesure sans mesure. Amen.


TROISIEME DIMANCHE DE CAREME

Les textes liturgiques de ce troisième dimanche de Carême de l’Année C nous donnent de contempler la Théophanie, c’est-à-dire la révélation de Dieu qui invite à la conversion. Cependant, la conversion dont il est question ici n’est pas une conversion au sens classique du terme qui de son côté sous-entend, un metanoia, un changement de comportement et d’habitude ; plutôt celle-ci (la conversion en question ici) nous appelle à une confiance en Dieu qui se révèle à nous non seulement sous l’aspect d’un buisson-ardent comme en témoigne la première lecture, mais aussi comme le « JE SUIS CELUI QUI SUIS » qui veut ici dire, je suis celui qui est « avec vous » au plus profond de vos souffrances et de vos révoltes. Et le projet de ce Dieu qui se révèle à Moise, au peuple d’Israël et par ricochet à l’humanité tout entière comme le Tout-Autre et le Tout-proche, nous invite à la conversion. Conversion dans le sens d’un appel à la confiance en sa miséricorde, en sa compassion pour ses créatures que nous sommes dans toutes nos difficultés existentielles (difficultés de la vie). Pourquoi ceci ? Tout simplement parce qu’en se révélant comme le Tout-Autre et le Tout-proche à la fois selon la première lecture de ce jour, YHWH (Yahvé) se montre être celui qu’on ne peut approcher non seulement qu’avec crainte et respect, mais aussi comme celui qui voit la misère de son peuple, voire de l’humanité tout entière et lui suscite un libérateur.

Cet appel à la conversion que nous lance ce Dieu qui se révèle à nous comme le « JE SUIS CELUI QUI SUIS », le psaume responsorial de ce jour ne s’en éloigne guerre de cet enseignement amorcé par la première lecture lorsque le psalmiste déclare au verset 8 du Psaume 102 que : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. » Ici, comprenons au préalable que cette déclaration du psalmiste relève d’une reprise exacte d’une autre révélation de Dieu à Moïse en EX 34 :6. Au fond, ces deux révélations n’en font qu’une et c’est ce que le psaume responsorial développe en montrant que Dieu est toujours le même, de toujours à toujours, il est cette Présence, cette flamme, au milieu de nous, comme feu de tendresse et de pitié. Et c’est en cette Théophanie, cette révélation de ce que Dieu est pour nous, que nous sommes aujourd’hui appelés à en avoir confiance.

Le Christ, comme pour confirmer et insister sur ce qui précède, nous invite dans l’évangile de ce jour à ne pas voir dans les catastrophes naturelles, dans la violence des hommes, dans les temps de maladies ou de difficultés existentielles, des sanctions de Dieu contre ceux qui les subissent, mais un appel à nous tenir en permanence entre les mains de notre Dieu qui est un Père de miséricorde pour nous tous et surtout pour quiconque le craint. En fait, ici, la conversion à laquelle le Seigneur dans la page de l’évangile de ce jour nous invite, s’articule non seulement autour de l’appel à avoir confiance en ce Dieu qui se révèle à nous comme le tout miséricordieux et compatissant à nos peines et souffrances, mais aussi cette conversion exige de tout un chacun de nous à témoigner de cette flamme de la présence (révélation d’un Dieu miséricordieux et compatissant à nos côtes) que beaucoup ignorent encore ou méconnaissent jusque-là.

Et même, saint Paul dans la deuxième lecture de ce jour ne se détourne pas de cette invitation au témoignage lorsqu’il affirme au premier verset du dixième chapitre de sa première lettre aux Corinthiens que : « Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer ce qui s’est passé lors de la sortie d’Egypte. Nos ancêtres ont tous été sous la protection de la colonne de nuée, et tous ils ont passé la mer rouge. » Ce n’est peut-être pas un hasard si, pendant le temps du Carême, l’Eglise nous donne à méditer ce texte de Paul fait à la fois d’exigence pour nous-mêmes et de confiance en Dieu.

Frères et sœurs, en ce jour où le Christ nous rappelle dans la page de l’évangile de ce jour qu’il n’y a pas de lien direct entre la souffrance et le péché ; mais insiste toutefois sur l’urgence de notre besoin de conversion, prions-le de nous venir au secours dans cette exigence spirituelle et bénéfique. Amen.


HOMELIE DU DEUXIEME DIMANCHE DE CAREME

En ce deuxième dimanche du Temps de Carême de l’Année C, la première Lecture, tout en nous présentant la foi d’Abraham le père des croyants comme modèle à suivre, ne manque pas de souligner le fait que la foi mis en Dieu, non seulement rend juste devant le Seigneur quiconque le fait, mais aussi le place dans une vie d’abondance. Et Abraham, notre père dans la Foi en est une illustration de ce que nous affirmons ici. En effet, étant donné que le mot « croire » en hébreu vient d’une racine qui signifie « tenir fermement » ; d’où « Croire » c’est « tenir », c’est faire confiance jusqu’au bout, même dans le doute, le découragement, ou l’angoisse ; Abraham est ici présenté comme celui qui a fait preuve de tout cela et c’est à juste titre que YHWH (Yahvé) l’estimera comme étant juste.

C’est également à cette même Foi que notre Dieu nous invite aujourd’hui à faire preuve lorsque dans le récit de la Transfiguration présenté dans la page de l’évangile de ce jour, le Père céleste nous exhorte à écouter son Fils bien-aimé, celui qu’Il s’est choisi. En fait, nous sommes appelés à comprendre ici les propos de la voix du Père céleste qui se fit entendre en ces termes : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le » en référence au « Shema Israël », « Ecoute Israël » qui est en réalité une profession de foi quotidienne. Profession de foi en ce sens que cette exhortation constitue un rappel du Dieu Unique à qui Israël doit sa libération, libération d’Egypte. Il va donc sans dire que le « Shema Israël » n’est pas un ordre donné par un maître exigeant ou dominateur, mais une supplication : « Ecoutez-le », c’est-à-dire faites-lui confiance. En d’autres termes, ‘‘faites confiance en celui que je vous présente comme ‘mon Fils bien-aimé.’’’

Frères et sœurs, dans notre société actuelle où il n’est pas rare de voir de nombreuses personnes qui mettent leur foi en des choses ou forces surnaturelles autres que le Dieu d’Abraham ; société où « beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix du Christ » comme le souligne Saint Paul dans la deuxième lecture ; le Seigneur nous invite aujourd’hui à placer toute notre confiance en son Fils Jésus Christ seul. Car, quiconque met sa confiance en Dieu non seulement devient juste à ses yeux, mais aussi celui-ci ne manque pas de vivre dans l’abondance à l’instar d’Abraham.

En ce jour où le psalmiste dans le psaume responsorial exprime sa foi dans l’exultation tout comme dans la supplication selon les circonstances : « (…) Le Seigneur est le rempart de ma vie devant qui tremblerais-je ? Ecoute, Seigneur, je t’appelle ! Pitié Réponds-moi ! » ; Foi dont le peuple d’Israël a su garder dans le Seigneur dans les circonstances gaies comme dans les circonstances tristes, parce qu’au milieu de toutes les aventures, il a gardé confiance, ou mieux « il a approfondi » sa foi ; prions le Seigneur d’augmenter notre foi en lui à travers l’écoute de la Parole de Dieu qui est en réalité un moyen par lequel nous nous mettons à l’écoute du Fils bien-aimé comme nous le recommande le Père. Amen.


HOMELIE DU PREMIER DIMANCHE DE CAREME

Si nous convenons que le Carême a pour but de nous ouvrir à « une meilleure intelligence des mystères du Christ » ; et que nous ne pouvons entrer dans les mystères du Christ que par la foi ; alors, il apparait clairement qu’en ce premier dimanche du Temps de Carême de l’Année C, l’une des bases sur laquelle nous pouvons lire les textes liturgiques de ce jour s’avère être la foi en Dieu, qui se montre d’ailleurs ici comme une invitation à nous être adressée.

Dans cette ligne donc, c’est la première lecture qui premièrement nous présente le peuple d’Israël exprimant sa foi en YHVH (Yahvé) à travers ses offrandes qui ne se montrent pas ici comme un simple don à Dieu, mais plutôt comme une profession de foi qui s’exprime dans la reconnaissance à Dieu comme étant la seule source de tout ce que l’on est et possède. En effet, le geste d’offrande dont il est question dans la première lecture y est vécu comme un geste de reconnaissance. C’est-à-dire que nous devons comprendre ici qu’apporter les offrandes au Seigneur ce n’est pas concéder à Dieu quelque chose qui nous appartiendrait, plutôt, c’est reconnaître que tout nous vient de lui.

Par ailleurs, apporter nos offrandes au Seigneur, ce n’est pas arriver les mains pleines de nos richesses, c’est plutôt reconnaître que sans lui, nos mains seraient vides. Il est à comprendre ici par conséquent qu’apporter nos offrandes à Dieu est non seulement un geste de mémoire, mais aussi et surtout, un acte de foi, une profession de foi. C’est ce sens que nous devons donner à notre geste d’offrande au cours de la Messe et c’est également à cette profession de foi, acte de foi que le Seigneur nous invite en ce temps de Carême, afin de pouvoir entrer dans les mystères du Christ.

Dans cette même perspective, le psaume responsorial et la page de l’évangile de ce jour unanimement nous montrent que quiconque répond à cet appel à l’acte de foi ou du moins répond à cet appel à la foi en Dieu, demeure inébranlable quelque soient les tempêtes ou tentations. C’est donc attestant ce qui précède que le psaume responsorial tout en sonnant comme une profession de foi, ne manque pas de souligner la sécurité dont bénéficie quiconque met sa foi et toute sa confiance en Dieu : « Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut et repose à l’ombre du Puissant, je dis au Seigneur : ‘‘ Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr’’ ! » L’évangile de ce jour s’inscrit dans cette même ligne lorsqu’il présente le Christ face aux tentations du diable, comme celui qui ne cesse de prendre Dieu comme refuge. Soulignons au passage que ces tentations du diable qu’expérimente Jésus lui-même, voudraient ici nous faire comprendre qu’aucune vie intime avec Dieu n’est exemptée de tentation, cependant si nous prenons Dieu pour appui et refuge, nous parviendrons toujours à résister quelque soit la tentation ou les tempêtes. Et c’est en ceci que se comprend l’invitation à mettre toute notre foi en Dieu et en Dieu seul que nous lancent les textes de ce jour.

Ici, Jésus qui depuis son Baptême, où il a été révélé comme le Fils de Dieu, jusqu’à Gethsémani n’avait jamais cessé d’être tenté et pourtant resta fidèle jusqu’au bout, se donne à nous comme modèle à suivre ; puisqu’il resta sous l’abri du Très-Haut comme nous le fait remarquer saint Luc qui, soulignant la résistance aux tentations lorsque l’on a mis sa foi en Dieu en se mettant sous son abri, maintient que : « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé »

Aussi, un aspect important qui est à souligner ici, c’est là où Jésus puise la force de résister à celui qui veut le séparer de son Père ; C’est bien entendu dans la Parole de Dieu. Car le tentateur s’adresse à Jésus par trois fois ; mais à aucun moment, Jésus n’entre en discussion avec lui ; plutôt ses trois réponses sont exclusivement des citations de l’Ecriture (la Parole de Dieu). C’est donc là, un autre exercice pour nous non seulement pendant ce Temps de Carême de méditer régulièrement la Parole de Dieu, mais aussi c’est un devoir pour tout ami (e) de Dieu de méditer les Saintes Ecritures régulièrement de sorte à demeurer constamment sous l’abri du Très-Haut et à l’ombre du Puissant comme le souligne le Psalmiste.

Dans notre société actuelle où la course aux pratiques ou choses sataniques est devenue monnaie courante si bien que l’on a l’impression que d’aucuns tentent plus le diable qu’il ne les tente, frères et sœurs, nous sommes invités à placer toute notre foi en Dieu seul comme nous le fait comprendre saint Paul dans la deuxième lecture pour que non seulement Il (Dieu) nous aide à résister au diviseur (diabolos), mais aussi et surtout pour qu’il nous sauve. Amen.


HOMELIE DU SAMEDI APRES LES CENDRES

« Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs pour qu’ils se convertissent. »

Les propos de Jésus dans cette page de l’évangile du jour viennent comme pour confirmer la prophétie d’Isaïe reprise en Luc 4 : 18-19 où Jésus prononçait sur lui-même que : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur. » En effet, il nous est présenté dans la page de l’évangile de ce jour en train de délivrer un homme aux captivités du péché et dont la profession a fait de lui un paria, un marginalisé de sa propre société. Delà, il apparait clairement que l’appel de Levi par Jésus à sa suite, symbolise ici non seulement une délivrance de celui que ses concitoyens voyaient comme pécheur public, mais aussi cet appel de Levi laisse entrevoir le chemin de la conversion que le Christ lui propose d’emprunter désormais.

Avec l’attitude de Levi qui ne ménagea aucun effort à tout laisser pour suivre le Christ qui l’appelait ; et qui de surcroit organise un banquet pour fêter sa conversion, atteste combien cet ex-pécheur public a accueilli et embrassé le chemin de la conversion que lui offrait le Christ. Car, à cœur joie et dans une détermination radicale, il a suivi celui qui l’appelait.

Nous aussi chers frères et secours, ce temps de carême est un temps privilégié au cours duquel le Seigneur nous tend encore une fois la main pour que nous empruntions le chemin de la conversion à sa suite à l’instar de Levi dans la page de l’évangile de ce jour. Sommes-nous prêts à emboiter le pas à cet ex-pécheur public pour entamer un metanoia, une transformation définitive et radicale ?

Ce temps que nous donne notre sainte mère l’Eglise, est un temps précieux et privilégié, efforçons-nous donc d’en tirer profit en écoutant le Christ qui ne cesse de nous appeler à sa suite à travers un changement de vie, à travers une adoption de la vie selon l’Esprit. Que Dieu lui-même nous vienne en aide dans nos efforts de carême et donc de conversion. Amen.


HOMELIE DU VENDREDI APRES LES CENDRES

« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »

Avec cette question des disciples de Jean le Baptiste à Jésus dans la page de l’évangile de ce jour, l’on pourrait comprendre que ceux-ci semblent avoir déjà oublié la réponse que le Christ leur avait donnée lorsqu’ils furent envoyés par leur maître vers Jésus pour lui demander s’il est le Messie qui devait venir ou s’ils devaient en attendre un autre ? Oui, ils semblent avoir déjà oublié la réponse de Jésus ; en ce sens que dans la tradition sémitique ancienne, il y avait plusieurs raisons pour lesquelles un vrai Juif devait jeûner ; cependant, l’une des raisons principales pour laquelle l’on devait jeûner, était pour l’avènement du ‘Mashia’h,’ c’est-à-dire du Messie. D’où, la réponse de Jésus : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Epoux est avec eux ? » Bien que l’image de l’époux était bien connue des Juifs et que toute la Bible est remplie de ce symbole ; car comme le souligne le prophète Isaïe en son chapitre 54 :4-8 : « Dieu aime son peuple. C’est Dieu l’époux » ; le Mashia’h se montre ici être cet époux tant attendu par le peuple Juif. Ainsi, plus de raison ou de besoin de jeûner pour cette intention de l’avènement du Messie.

Par ailleurs, dans cette même tradition juive, la semaine qui suivait le mariage juif était une semaine de joie pour le couple et ses amis de tel manière que quelque soit leur pauvreté, ils étaient traités par leurs amis et parents comme roi et reine. Par conséquent, jeûner pendant cette période était inconcevable et hors de question. Il va sans dire que le Christ compare la venue du royaume de Dieu qu’il annonce à un mariage juif. Lui, le Christ est l’époux et ses disciples sont ses amis. Alors, le temps qu’il est avec eux est un temps de réjouissance. Lorsqu’il leur sera enlevé, ce sera le temps pour jeûner. Dans cette perspective donc, le temps de carême est un temps au cours duquel nous pleurons de façon spéciale, l’absence de Jésus. C’est un temps qui nous rappelle, de façon spéciale que nous devons préparer la deuxième et dernière venue de notre Seigneur Jésus Christ à la fin des temps. En ce moment, nous pourrons nous réjouir d’une joie incessante. Mais pour l’heure, nous devons jeûner et nous préparer pour le rencontrer à la fin des temps lorsqu’il reviendra. Comment entendons-nous, nous préparer pendant ce temps de carême et en dehors de ce temps privilégié, à cette rencontre avec le Christ à la fin des temps lorsqu’il reviendra ?

Prions le Seigneur de venir au secours de nos efforts à atteindre cet objectif. Amen.


HOMELIE DU JEUDI APRES LES CENDRES

En ce deuxième jour de carême, le Christ dans la page de l’évangile de ce jour annonce déjà la Pâques qui est en réalité l’essentiel du carême ; puisque le carême est une montée vers Pâques, une ascension vers les sommets de la joie. Dans cette montée vers la vie en plénitude qu’est la Pâques du Seigneur, Le Christ nous enseigne que le chemin pour y arriver c’est la croix, c’est la souffrance et le renoncement. Ainsi, il se donne à nous comme le modèle à suivre : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive »

De ce qui précède, nous sommes invités à comprendre que si jusque-là la souffrance a été considérée par le genre humain comme répugnant, le Christ par sa mort et sa résurrection dans le Mystère Pascal, a donné un nouveau sens à celle-ci. En effet, pour le Christ, la croix, la souffrance et le renoncement ne doivent plus avoir cette connotation négative que le genre humain leur prêtent, mais plutôt une nouvelle direction vers l’épanouissement, vers la vie en plénitude qu’est la Pâques.

Dans notre société actuelle où le Christianisme est devenu pour certains source d’enrichissement financier illégal si bien que d’aucuns vont jusqu’à fonder des églises qui ont pour nom ‘Ne souffrez plus’ ; société où au nom de l’enrichissement financier illégal par le Christianisme, d’aucuns se donnent l’occupation de ne prêcher que l’évangile de la prospérité en présentant à l’appui des miracles folkloriques et à dessein ; le Christ dans la page de l’évangile de ce jour nous enseigne qu’il ne peut y avoir de dimanche de Pâques sans le vendredi saint. En d’autres termes, la croix, la souffre et le renoncement de soi-même doivent être lus à la lumière du mystère Pascal du Christ qui inclus la croix, la souffrance, le renoncement de soi-même, la mort et enfin la résurrection.

Combien sommes-nous qui offrons nos peines de chaque au Christ en communion à ses souffrances, à sa croix et à sa résurrection ?

Prions le Seigneur de nous accorder la grâce du renoncement de soi-même, de sorte à parvenir à la vie en plénitude qu’est la Pâques. Amen.


HOMELIE DU MERCREDI DES CENDRES

« Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre père qui est aux cieux »

Si dans la page de l’évangile du lundi déjà, nous étions invités à comprendre que l’observance des commandements de Dieu en vue de l’obtention de la vie éternelle ne doit pas être faite au profit de son auto-glorification aux yeux des hommes et au mépris de ceux en quoi se résument les commandements de Dieu ; la page de l’évangile de ce mercredi des Cendres et donc premier jour de Carême ne s’écarte pas d’une grande différence de ce que le Christ enseignait en Marc 10 : 17-27 le lundi dernier.

En effet, le résumé que nous pouvons retenir de son enseignement de ce jour est : ‘que toutes nos actions concourent à la gloire de Dieu pour notre propre sanctification’ : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.»

Si donc nos actions doivent concourir à la glorification de Dieu pour notre propre sanctification, Jésus en ce premier jour de Carême, nous propose trois piliers par lesquels nous pouvons non seulement glorifier Dieu, mais aussi par lesquels nous pourrons nous sanctifier. Ce sont notamment l’aumône, la prière et le jeûne. Toutefois, le Christ prend son temps pour nous enseigner comment et dans quelle mesure nous devons répondre à ces exercices spirituels.

En effet, pour le Christ, vu que l’objectif ultime de ces exercices spirituels n’est pour de la vaine gloire, mais pour la gloire de Dieu et pour notre propre sanctification, alors nous sommes appelés à les entreprendre non seulement avec joie, mais aussi dans une grande discrétion possible qui est connue de l’Omniscient seul, c’est-à-dire de Dieu seul. C’est seulement à ce prix que les deux fins principales de nos efforts spirituels pourront être atteintes.

Dans notre société actuelle où le ‘m’as-tu vu ?’ gagne du terrain que ça soit chez les politiciens, tout comme chez les Clercs, les Religieux, Religieuses ainsi que les Chrétiens, chrétiennes ; société où lorsqu’un simple verre d’eau est donné à un enfant, l’on se permet de publier l’acte sur les réseaux sociaux pour que le monde entier sache qu’on a posé un acte de charité ; société où lorsque certains font l’effort d’être réguliers et constant dans la prière, il faut que le monde entier les reconnaisse comme tels ; société où lorsque l’on essaie de faire un petit effort de s’auto-discipliné par le jeûne qui peut s’exprimer dans l’abstinence d’une multitude de chose, tout le monde entier doit en être informé ; le Christ nous invite aujourd’hui à orienter toutes nos actions vers la gloire de Dieu afin de parvenir à notre propre sanctification.

Que le Seigneur par la grâce de l’assistance de son Esprit Saint nous aide dans cet effort de carême auquel nous sommes appelés à répondre au quotidien et même en dehors du temps de Carême. Amen.


HOMELIE DU MARDI De la 8e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE

Si nous convenons que l’intervention de Pierre dans la page de l’évangile de ce jour fait suite à l’enseignement du Christ sur la difficulté de quiconque attache plus d’importance à ses richesses d’hériter le royaume des cieux, alors nous comprendrons que cette intervention du leader des apôtres sous-entend une attente de récompense basée sur des mérites : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » A cette attente, le Christ fait prendre conscience que le salut ne se mérite pas : il se reçoit à genoux dans l’action de grâce. Mais pour cela il faut être libre, il faut savoir quitter tout ce qui nous entrave. Cependant, ce n’est pas par mépris de ces choses, si bonnes en soi, que l’on les quitte ! Ce n’est pas par manque d’amour, mais pour une motivation cachée et puissante ; pour une plus grande chose encore. Et cette chose plus grande, c’est bel et bien la cause de l’évangile et le Christ lui-même.

Toutefois, le Christ fait comprendre à ces radicaux (les Apôtres) qui ont tout quitté pour la cause de l’évangile et pour lui-même le Christ, que la vie éternelle qu’il leur promet n’est pas à être perçu comme une récompense à leurs mérites, mais comme un don.

Et nous, combien sommes-nous qui renonçons à tout pour la cause de l’évangile et pour notre Seigneur Jésus Christ ? Quel est le sens que nous donnons à nos renoncements ? Est-ce pour nous, une attitude seulement négative ? Ou bien y a-t-il, en nous une option, un choix qui surpasse tout cela qui n’est rien d’autre que le Christ et la cause de l’évangile ? Comprenons que renoncer à beaucoup de choses pour Jésus, ce n’est pas renoncer au bonheur.

Jésus promet que ceux qui le suivront seront des gens comblés, dès ici-bas. Prions-le donc de nous accorder d’être radical dans notre choix à le suivre à l’instar des apôtres qui avaient tout quitté pour le suivre. Amen.


HOMELIE DU LUNDI de la 8e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE

« “Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi.’’ Mais lui, à ces mots, devient sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. »

La conversation entre le désireux de la vie éternelle et le Christ dans la page de l’évangile de ce jour, semble faire écho dans la première Lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens en son chapitre 13 verset 1 à 3 qui soutient que « A beau parler les langues des hommes et des anges ; à beau avoir une grande foi, à beau donner des prophéties, à beau distribuer tous ses biens en aumônes, si l’on manque de l’amour, de la charité ; tous ces efforts ne servent à rien.» Fort de ce qui précède, nous pouvons donc paraphraser Saint Paul dans le contexte de la page de l’évangile de ce jour en affirmant « qu’à beau observer tous les dix commandements, si l’on manque de la charité, il se donne de la vaine peine. » Ceci, parce que la page de l’évangile de ce jour en son début nous présente un homme qui semble être intègre vis-à-vis du Décalogue (des dix commandements). Mais force est de savoir au fil de sa conversation avec le Christ que ce dernier n’observait pas ces dix commandements au nom de l’Amour, de la charité, mais plutôt au compte de son auto-glorification aux yeux des hommes comme étant un homme juste.

Et cela se perçoit dans son état d’âme immédiat après que le Christ lui ait suggéré d’aller et de vendre tout ce qu’il possède et de le distribuer aux pauvres, aux nécessiteux. En effet, Saint Marc nous fait remarquer « qu’à ces mots, l’homme devient sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. » Ici, il est à souligner que l’homme en question s’avère avoir manqué de compréhension du résumé que le Christ avait fait de tous les commandements lorsqu’en Mt22 :36-40 il affirmait que : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. A ces deux commandements se rattache toute la loi, ainsi que les prophètes. »

Il va donc sans dire que, notre ‘désireux’ de la vie éternelle de la page de l’évangile de ce jour semble avoir observé les commandements de Dieu non pas pour la cause de l’amour pour Dieu et du prochain, mais il les observait pour sa propre satisfaction qui avait pour intention profonde, son auto-glorification aux yeux des hommes qui pourraient certainement le voir comme un homme juste ; Un genre de Chrétien du ‘M’as-tu vu ?’. Ainsi, le Christ continue son enseignement en laissant comprendre que quiconque attachera plus d’importance à sa propre satisfaction ou auto-glorification au mépris de la vraie charité, se tracera difficilement une entrée au royaume de Dieu. Le Christ ici ne rejette pas la richesse, ni ne sous-estime sa nécessité pour la survie de l’Homme, mais plutôt, il rejette l’attachement farouche que l’on y accorde au détriment de l’amour du prochain, au détriment de l’observance concrète des commandements de Dieu qui se résume en acte de charité vraie.

Frères et sœurs, combien sommes Chrétiens, Chrétiennes qui prétendons adorer le Seigneur du bout des lèvres alors que nos cœurs sont loin de lui à l’instar du désireux de la vie éternelle dans la page de l’évangile de ce jour ? Combien sommes-nous qui prétendons observer les dix commandements, alors que nos cœurs sont si fermés à donner aux pauvres, aux nécessiteux ? Combien sommes-nous qui prétendons être intègres vis-à-vis des dix commandements, alors que nos cœurs sont si fermés à voir en celui qui est dans le besoin, le Christ pauvre, le Christ souffrant ?

Frères et sœurs, à l’instar de Saint Laurent le Diacre, prions le Seigneur de nous accorder la grâce d’avoir pour richesse les pauvres, les affligés, les nécessiteux qui sont autour de nous à qui nous sommes appelés à accorder de l’attention et de l’importance, afin que notre entrée au royaume des cieux ne soit pas difficile comme celle de ceux qui attachent plus d’importance à leurs biens financiers et matériels qu’au bien-être de la personne humaine. Amen.