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Retrouver ici l'ensemble des homélies du P. Elysée Banouakon, SMA à partir de la 4ème semaine de pâques de l'année C. Le P. Elysée est actuellement secrétaire du DFGG, il écrit régulièrement des reflexions qu'il partage avec les autres. Elles peuvent servir d’elements de depart pour des personnes qui veulent aller loin...

CINQUIEME DIMANCHE DE PAQUES

A voir de près notre société actuelle où la violence, la haine, les règlements de compte, les coup-bas, la corruption, la guerre, la méchanceté, les exécutions, les attentats, les animosités, l’option pour le mal, les assassinats, les tueries, la malice etc, semblent tenir la direction du navire ; les textes liturgiques de ce cinquième dimanche du Temps Pascal viennent en force pour nous rappeler à l’ordre, en nous demandant d’abandonner nos cœurs de pierre au profit des cœurs de chair qu’au commencement le Créateur avait mis en tout un chacun de nous :  Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa.  Gn1, 27

Dans cet appel à l’ordre donc, les textes liturgiques de ce jour nous invitent à un renouveau, à l’abandon de nos cœurs de pierre au profit des cœurs de chair qu’à l’origine de la création, le Créateur avait mis en tout un chacun de nous : Faisons l’Homme à image, comme notre ressemblance… Gn1, 26

Renouveau qui se traduit dans le commandement nouveau que le Christ nous donne dans la page de l’évangile de ce jour :  … Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.  Ici, comprenons qu’en fait, la nouveauté en question, ce n’est pas le commandement d’aimer, Jésus ne l’invente pas : le commandement d’aimer existe bel et bien dans l’enseignement des rabbins de son temps. Ce qui est nouveau, c’est d’aimer comme lui Jésus, mais non pas seulement à sa manière, c’est-à-dire au point d’être prêt à donner sa vie, en refusant toute puissance, toute domination, toute violence ; ce qui est nouveau, c’est encore plus que cela, c’est d’aimer vraiment comme lui, c’est-à-dire en étant complètement guidé par son Esprit. Il va donc sans dire que si la deuxième lecture de ce jour nous parle d’un monde nouveau qui viendra à la fin des temps lorsque Dieu détruira ‘le menteur’ (le diable) et ses suppôts, ce monde nouveau commence dès maintenant et il se fait présent seulement là où l’amour vrai de ‘l’autre moi’, c’est à dire du prochain est vécu dans le concret.  Ceci, parce que là où l’amour vrai de ‘l’autre moi’, est vécu dans le concret, là se trouve être exprimé notre effort à aimer comme le Christ qui se met aux pieds de ses frères pour les leur laver, en exprimant ainsi le geste du plus humble service Jn13,14.

Là où l’amour vrai de ‘l’autre moi’, est vécu dans le concret, là se trouve être exprimé notre effort à aimer comme le Christ qui « donne sa vie pour ceux et celles qu’il aime ; c’est-à-dire l’humanité tout entière » et là se trouve être exprimé notre désir à vivre dans ce renouveau auquel les textes liturgiques de ce jour nous invitent.

Aimer comme Jésus dans notre société actuelle où non seulement les traits caractéristiques du vieil homme (le diable) cités plus haut semblent tenir la direction du navire, mais plus encore, semblent régner en maîtres, c’est aimer autrui tel qu’il est et non pas tel que nous voulons qu’il soit. Aimer comme Jésus dans notre société actuelle où non seulement les traits caractéristiques du vieil homme (le diable) semblent tenir la direction du navire, c’est refuser d’accaparer le pouvoir, de se faire l’assassin de l’autre, que ça soit moralement, spirituellement ou physiquement.

Aimer comme Jésus pour ainsi appartenir au monde nouveau vu par Saint Jean dans la deuxième lecture de ce jour, c’est refuser d’être la cause du malheur ou de la souffrance de l’autre ; c’est renoncer à faire de soi-même le centre du monde ; c’est n’avoir d’yeux que pour le bonheur, la joie et l’épanouissement de l’autre.

Enfin, aimer comme Jésus pour ainsi appartenir au monde nouveau, c’est oser être toujours positif dans la vie et faire du « Bien », son choix fondamental.

Frères et sœurs, prions le Seigneur de nous aider à bâtir dès maintenant et ici-bas, ce monde nouveau qui adviendra à la fin des temps lorsque le Dieu Tout-Puissant détruira ‘le menteur’ et ses suppôts. C’est en faisant ainsi, que non seulement nous répondrons au renouveau auquel les textes liturgiques de ce jour nous invitent, mais aussi et surtout, c’est en faisant ainsi, que notre société actuelle ressemblera aux communautés de Paul et Barnabé mentionnées dans la première lecture où, organisation (structuration), jeûne et prière se conjuguent ensemble pour ainsi montrer à tous qu’elles sont en réalité, des disciples du Christ. Amen.


 

QUATRIEME DIMANCHE DE PAQUES

En ce quatrième dimanche du Temps de Pâques, dimanche reconnu par la Sainte Eglise comme dimanche du Bon Pasteur et par-delà, comme dimanche des vocations ; le Christ est à la fois présenté comme l’Agneau et le Pasteur par excellence qui donne sa vie pour ses brebis. Ce portrait du Christ que font les textes liturgiques de ce jour peut être compris en deux raisons : la première raison est que si dans la page de l’évangile de ce jour par exemple, Saint Jean rapporte que « Jésus avait dit aux Juifs : Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger) … Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent.; c’est certainement pour montrer comment Jésus en se présentant ainsi, s’identifie à Dieu, qui si souvent s’était révélé par les prophètes et dans les psaumes comme le berger d’Israël. Le psaume 95 (94) :7, parlant de la relation entre YHVH (YaHVeH) et le peuple d’Israël déclarera à cet effet :Oui il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu’il conduit, le troupeau guidé par sa main. Et le psaume 78 (77) :52 dans cette même veine affirmera que :  YaHVeH poussa comme des brebis son peuple, et les mena comme un troupeau dans le désert.

De ce qui précède, nous pouvons par ailleurs comprendre que le Christ présenté comme le Bon Pasteur et/ou le vrai berger ici, sous-entend donc que, comme YahVeh lui-même avait pris ce rôle lors de la libération d’Egypte, ce portrait du Christ ici confirme sa communion avec YahVeh (JE SUIS) qui si souvent s’était révélé par les prophètes et dans les psaumes comme le berger d’Israël : Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles, et me fait revivre…  Ps 23 (22).

Si avec tout ce qui précède nous sommes parvenus à comprendre le portrait du Bon Pasteur et par ricochet du vrai Berger que font du Christ les textes liturgiques de ce jour de par son identification à YaHVeH, au Dieu Tout-Puissant reconnu comme le ‘Pasteur plein de bonté’ et sa communion avec celui-ci, retenons que c’est dans la lumière de Pâques même que la parabole du Bon Pasteur reçoit toute sa signification ; puisque c’est avec le Mystère Pascal du Christ que nous découvrons le vrai pasteur, qui a donné sa vie pour son troupeau. Delà, nous comprenons pourquoi la deuxième lecture présente le Christ comme l’Agneau et le Pasteur à la fois ; puisqu’en tant que Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, le Christ se montre être l’Agneau pascal dans le sang duquel nos péchés ont été lavés.

Il va sans dire qu’en son nom, se trouve le salut des Hommes. D’où, le besoin d’entreprendre la route missionnaire ou des œuvres missionnaires à l’instar de Paul et Barnabé qui dans la première lecture de ce jour, ont entrepris d’annoncer aux païens le salut au nom du Bon Pasteur, le Christ.

Frères et sœurs, de nos jours où les pasteurs et/ou hommes de Dieu foisonnent çà et là, que ça soit dans le sens de l’authenticité aussi bien que dans le sens de ceux qui ont décidé de faire de notre Seigneur Jésus Christ une marchandise en faisant du Christianisme une entreprise à sou rapide ; le Christ qui est le Bon Pasteur et par ricochet le vrai Berger se donne à nous, prêtres de l’Eglise Catholique, pasteurs de tout genre ainsi que ceux-là qui se proclament apôtres, prophètes, voyants, hommes de Dieu, etc, oui, le Christ se donne à nous comme modèle à suivre et nous demande sous les propos de Saint Pierre dans le cinquième chapitre verset 2 à 3 de sa première Epître de faire ce qui suit: Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec l’élan du cœur ; non pas en faisant les seigneurs à l’égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau.

A vous aussi frères et sœurs qui vous ruez régulièrement vers les commerçants du Christ au mépris de ceux qui s’efforcent de servir le Seigneur dans l’authenticité en s’évertuant de prendre pour modèle le Christ, le Bon Pasteur et Vrai Berger ; le Seigneur Jésus vous invite aujourd’hui à venir vous abreuver en lui qui est la vraie source du bonheur et qui par conséquent donne sa propre vie pour le salut des brebis qui entrent dans son pâturage et l’écoutent, en cessant de suivre les mercenaires qui eux, s’évadent à la moindre approche du danger.

Frères et sœurs, en ce dimanche du Bon Pasteur et aussi des vocations, prions le Seigneur de susciter davantage, de vraies vocations sacerdotales, missionnaires, religieuses et de mariage, afin que de part et d’autre, et d’une manière ou d’une autre, chacun de nous puisse entreprendre la route missionnaire ou des œuvres missionnaires à l’instar de Paul et Barnabé qui dans la première lecture de ce jour, ont entrepris d’annoncer aux païens le salut au nom du Bon Pasteur, le Christ. Amen.